Les 5 fonctions du médecin généraliste

1) Fonction de premier recours

Le premier recours c'est recueillir TOUTES les plaintes (ou demandes) sans pouvoir à priori en récuser aucune. Les symptômes ou risques sont généralement présentés « en désordre » par le patient. Certains peuvent correspondre à des entités nosologiques, d’autres aux signes précoces d’une affection, d’autres enfin posent le problème de la frontière entre normal et pathologique. La tache professionnelle du médecin généraliste consiste à ENTENDRE, ANALYSER, EVALUER et PRENDRE UNE DECISION adaptée souvent transitoire et temporaire.
Le premier recours inclut la gestion du temps, c'est à dire que le MG a, dans la plupart des situations, la possibilité de planifier ses décisions dans le temps sans obligation de diagnostic immédiat (ne pouvant obtenir que des "résultats de consultations" au stade de début).

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2) Fonction de prise en charge globale

C'est l'action d'identifier et d'analyser la plainte d'un patient dans 3 champs (OPE = Organe, Personne, Environnement), d'y intégrer l'histoire personnelle du patient, les conditions de survenue des problèmes et d'y apporter une réponse multi dimensionnelle.
Il faut donc poser le postulat que le praticien ne soigne ni une entité nosologique, ni un ou plusieurs organes mais une personne. Cette personne vit dans un milieu possédant un cadre de référence (facteurs socio-économiques mais aussi patrimoine génétique, conditions climatiques…) Le médecin de premier recours gère donc de manière simultanée plusieurs problèmes pour une même personne. Les différents troubles de santé interagissent chez un même individu mais aussi avec et sur la vie familiale, affective et sociale du patient.

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3) Fonction de continuité des soins

C'est assurer le suivi dans la durée des problèmes de santé d'un patient sans rompre la chaîne des soins, et en s'assurant du transfert interdisciplinaire des données le concernant.

Différents travaux (étude du CREDES) montrent que 33% des séances de médecine générale correspondent à des actes de surveillance et de contrôle, 45% des actes sont effectués pour un problème nouveau, et 15 à 20% constituent des actes de prévention.
L’épisode peut-être géré en une seule séance (une infection banale des voies respiratoires supérieures par exemple) ou faire l’objet d’un suivi de plusieurs mois à plusieurs années pour une affection chronique ou invalidante.
Les différentes étapes du cycle de vie conditionnent la durée des épisodes de contacts avec le médecin de soins primaires (suivi de l’enfant au cours de sa première année, d’une affection néoplasique chez un sujet âgé)
Un individu dont la durée de vie serait de 70 ans devrait affronter, de manière probabiliste: 600 problèmes de santé dont 140 nécessiteraient un contact avec le médecin généraliste. Parmi ces contacts 20 environ devraient déboucher sur une demande d’avis spécialisé et 1,4 seraient justifiables d’une hospitalisation. Ceci nous permet d’aborder la fonction de coordination des soins.

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4) Fonction de coordination des soins

C'est l'ensemble des procédures qui, à partir du diagnostic de situation dans les 3 champs (OPE) va mobiliser les ressource adaptées, qu'elles soient médicales ou médico-sociales, faire la synthèse des résultats et en vérifier l'efficience.
Demander un avis n’est pas synonyme d’abandon d’un patient, même si celui-ci n’est plus réadressé ultérieurement au médecin de famille. Le savoir de chacun des professionnels de santé comporte des limites. Dans sa pratique courante, un médecin généraliste prend en charge environ 300 pathologies différentes, il en prendra 1000 à 1500 différentes dans sa carrière professionnelle. (L’OMS dénombre environ 18 000 entités nosologiques différentes, et dans l’état actuel de la science on sait en soigner environ 6 000 et en guérir 3 000.)
90% des problèmes de santé nécessitant le recours au système de distribution des soins sont résolus par le médecin de famille, 10% donnent lieu à un avis spécialisé, et 1,3% à une hospitalisation.
La coordination des soins s’effectue avec les autres praticiens mais aussi avec les différents intervenants du secteur sanitaire et social, paramédicaux ou travailleurs sociaux.

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5) Fonction de santé publique

C'est l'activité du MG qui s'inscrit dans une perspective de prévention, d'information, d'éducation et de promotion de la santé, à l'échelon individuel et en relais des priorités nationales.
Le médecin assure des taches de prophylaxie et d’éducation pour la santé. Ces taches ne sont pas reconnues par les caisses d’assurance maladie, mais sont indissociables de l’aspect global de la prise en charge.
Le médecin de famille a un champ d’action qui englobe l’individu, la famille et la communauté. C’est au niveau du recueil de données en poste de soins primaires que se développe son rôle d’informateur.
Ce rôle d’informateur peut aider à prendre des décisions au niveau national tant sur un problème ponctuel et d’intervention (une épidémie par exemple) que sur des problèmes généraux liés à l’épidémiologie descriptive et évaluative (facteurs de risque par exemple).
Si la décision médicale finale est subjective, on peut néanmoins fournir des aides objectives aux praticiens sous forme de tables de probabilité d’apparition d’affections morbides ou de facteurs de risque d’une entité nosologique.

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